1 jeune français sur 5 pense que l’on peut guérir du Sida.

1 jeune français sur 5 pense que l’on peut guérir du Sida.

 

A l’occasion de la journée de lutte contre le SIDA le 1 décembre 2017, VL Media, 1er média jeune de France, et le laboratoire Terpan sont partis à la rencontre de 539 jeunes français de 15 à 29 ans, à travers toute la France. Peut-on guérir du SIDA ? Les nouvelles technologies et applications de rencontres ont-elles un impact sur la recrudescence des MST/IST ?

 

Les jeunes toujours mal informés sur le SIDA.

 

1 jeune français sur 5 pense que l’on peut guérir du Sida.Près d’un sondé sur 5 pense qu’il est possible de guérir du SIDA« A l’heure actuelle, il est important de rappeler qu’il est impossible d’éradiquer complètement le VIH ou encore guérir du SIDA, indique le laboratoire Terpan. Certes, les avancées en matière de traitement permettent dorénavant de contrôler la multiplication du virus à l’intérieur de l’organisme, mais la combinaison d’antirétroviraux est à prendre durant toute sa vie. »

 

En France, plus de 150 000 personnes vivent avec le VIH. Le virus concerne tout le monde, toutes les générations, les hétérosexuels, les homosexuels, les hommes, les femmes. « La transmission du VIH peut se faire par le sperme, le sang, les sécrétions vaginales et même le lait maternel », rappelle Terpan33% ignorent cette dernière mention. A noter que 11% des sondés pensent que les moustiques peuvent transmettre le virus… Certaines idées reçues ont encore la dent dure.

 

La protection et le dépistage : axes de communication essentiels.

 

Au-delà du VIH, les Infections Sexuellement Transmissibles, IST (chlamydia, gonorrhée, syphilis, hépatites B et C…) sont en recrudescence chez les jeunes. « Le seul moyen efficace pour se protéger reste le préservatif, indique TerpanUn rappel qui fait écho à d’autres résultats du sondage : 13% des jeunes français déclarent ne « pas toujours » se protéger lors de rapports avec de nouveaux partenaires

 

1 jeune français sur 5 pense que l’on peut guérir du Sida.« L’un des axes de la politique de santé publique est d’informer les jeunes sur la nécessité de se protéger bien entendu, mais aussi de se faire dépister. Où, quand, pourquoi…. Les raisons peuvent être multiples : tout simplement à cause d’un risque si la protection est inexistante ou déchirée, pour un projet de grossesse, quand on change de partenaire… Une fellation ou un cunilingus peuvent également transmettre des IST. Dans tous les cas, l’important est de le faire pour se rassurer et/ou rassurer son ou sa partenaire »,indique Annie-Laurence Godefroy, médecin généraliste.

 

Un dépistage des IST et du VIH peut se réaliser au sein d’un Centre dédié au dépistage anonyme et gratuit, un Centre de planification ou au sein d’un laboratoire. « En France, les tests du dépistage du VIH réalisés à partir d’une prise de sang sont totalement fiables au bout de 6 semaines »indique Terpan. Il est à noter que les Auto Test à réaliser chez soi existent depuis 2015, mais sont très peu connus des jeunes français (18%).

 

Le rôle essentiel du médecin généraliste.

 

Il est important de souligner le rôle important du médecin qui souscrit le test, permet d’avoir un conseil médical et reste une oreille attentive aux problématiques en matière sexuelle pour les jeunes. Le médecin ne réalise pas les tests de dépistage à son cabinet, contrairement à ce que pensent 24% des sondés.

 

« A partir du moment où un risque est encouru, le rôle du médecin est d’informer sur les modes de transmission et d’expliquer les moyens de prévention. Si le test est nécessaire, il fera une ordonnance en précisant à quel moment il faut faire la prise de sang. Il peut également proposer d’autres tests s’il observe des risques pour d’autres maladies. Il est tenu par le secret médical. Quel que soit le résultat du test, il ne sera communiqué à personne d’autre, explique le Dr Annie-Laurence Godefroy. Le médecin de famille joue parfois ce rôle de confident, rôle que la famille ne peut pas toujours tenir dans le cadre d’une problématique d’ordre sexuelle.

 

En France, entre 30 000 et 40 000 personnes infectées par le VIH ignorent leur séropositivité. « Dans le cas des IST, un dépistage précoce permet une prise en charge médicale rapide qui permettra une guérison pour la majorité des IST », explique Terpan.

 

Les applications de rencontres augmentent-elles les risques de contracter une IST ?

 

67% des sondés pensent que les applications mobiles de rencontres favorisent les comportements à risque. Un lien avec la recrudescence des IST chez les jeunes ?

 

L’usage des smartphones pour des activités numériques et les applications de rencontres se sont fortement développées ces dernières années. L’Intelligence Artificielle permet ainsi d’utiliser la géolocalisation des inscrits pour proposer des rendez-vous. Les applications mettent en avant l’impulsivité des rencontres. Des chercheurs américains ont notamment constaté en 2015 que les applications mobiles de rencontres favorisent le développement du VIH et des IST dans le Rhode Island (syphilis et infections urinaires).

 

« La possibilité de multiplier les rencontres ponctuelles conduit à une augmentation des risques, indique TerpanIl est important de souligner à nouveau que, quel que soit la fréquence et les circonstances des rapports, il est nécessaire de mettre la prévention au centre des messages de sensibilisation, et continuer de marteler le rôle essentiel du préservatif masculin ou féminin. »

 

Si les relations virtuelles se développent et engendrent des conversations basées sur la séduction, parfois à connotation sexuelle, les jeunes sondés restent bien conscients de l’augmentation des risques encourus lors du passage à l’acte charnel : ils sont 76% à se déclarer plus méfiants envers leurs partenaires, en passant par une application de rencontres.

 

« Nous pouvons imaginer que dans les années à venir, des messages de prévention pourraient être directement intégrés à ces applications, comme c’est le cas au Brésil par exemple. L’accent doit toujours rester l’information et la prévention des jeunes ainsi que les outils de protection », indique Terpan.

 

« Une première consultation de contraception remboursée à 100% vient d’être créée pour les jeunes en vue de parler de contraception mais aussi de sexualité et de prévention des infections sexuellement transmissibles comme nous le faisons dans les centres du Planning familial (MFPF) depuis toujours. Mais je crois qu’il est nécessaire de mettre l’accent sur l’éducation à la sexualité en milieu scolaire. En principe obligatoire, elle est loin d’être appliquée dans tous les collèges et lycées et ne correspond pas forcément aux attentes des jeunes. Il me semble notamment nécessaire de mettre à contribution les réseaux sociaux et médias jeunes pour mieux informer », conclut le Dr Annie-Laurence Godefroy.

 

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